Et tout le reste est littérature.

"Elle a mal à ses joues qui se remplissent et aux rondeurs qui s’esquissent, elle souffre de cette chair qui prolifère sur elle comme une greffe exponentielle."

- Delphine de Vigan (via melowdrame)

Feb 21

"Je pense à l’égalité, à la fraternité, à tous ces trucs qu’on apprend à l’école qui n’existent pas. On ne devrait pas faire croire aux gens qu’ils peuvent être égaux, ni ici, ni ailleurs. Ma mère a raison. C’est la vie qui est injuste et il n’y a rien à ajouter."

- Delphine de Vigan - No et moi.  (via peax-galery)

Feb 21
quotes-that-speak:


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Feb 21

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(Source: youcantescapedestiny)

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. 
   Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. 
   Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément. 
   Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même. 
   Peut-être me direz-vous: “Es-tu sûr que cette légende soit la vraie?” Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis?

- Baudelaire, Les fenêtres, “Petits Poèmes en Prose”. 

Feb 21

"L’extase universelle des choses ne s’exprime par aucun bruit; les eaux elles-mêmes sont comme endormies. Bien différente des fêtes humaines, c’est ici une orgie silencieuse."

- Baudelaire, Petits poèmes en prose (le spleen de Paris)

(Source: )

Feb 21
eumorfia:

Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,Défilent lentement dans mon âme; l’Espoir,Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Spleen - Charles Baudelaire
Feb 21

eumorfia:

Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Spleen - Charles Baudelaire

publicatiosui:

Courbet’s “Portrait of Baudelaire”, ca. 1848. 
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,—Hypocrite lecteur,—mon semblable,—mon frère!
Feb 21

publicatiosui:

Courbet’s “Portrait of Baudelaire”, ca. 1848. 

Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
—Hypocrite lecteur,—mon semblable,—mon frère!

"A few windows are open, a few refrigerators are humming. There is the faint, trapped warble from some televisions tuned in to The Late Show, and the blue-gray glow from the picture tubes throbs from a few of the houses. To Garp this glow looks like cancer, insidious and numbing, putting his world to sleep. Maybe television causes cancer, Garp thinks; but his real irritation is a writer’s irritation: he knows that wherever the TV glows, there sits someone who isn’t reading."

- John Irving, The World According to Garp (via thepractisingprocrastinator)

(Source: lifeofaneditrix)

Feb 21
Feb 21

(Source: barrettadair)

Idéal onirisme

Il est un pays superbe, un pays merveilleux, où je rêve d’aller vivre. Un pays extraordinaire, ressemblant à aucun autre, caché entre les nuages brumeux et la mer bleue de ce pays du nord de notre Europe, inépuisable sujet d’inspiration des peintres.

Un vrai pays fabuleux, où la simplicité, la beauté, le calme et la volupté semblent s’être donné rendez-vous. Un endroit où la jalousie, l’avarice et l’hypocrisie n’ont pas cours. Où seule la tranquillité mariée à l’ordre prend plaisir à se promener, croisant parfois le bonheur qui passe par là et les salue en inclinant son chapeau. Un pays où tout est beau, excitant et poétique. Où même la pluie ne vient pas ternir la bonne humeur régnante.

Dans une maison de bois, au bord d’une rivière s’écoulant doucement, dans laquelle les poissons aux écailles multicolores, ondulent en scintillent à travers l’eau limpide et claire. Des arbres verdoyant entourent la maison et laissant passer les rayons du soleil, qui l’inondent de leur douce luminosité et nous réveillent le matin par leurs caresses imperceptibles.

Oui, c’est là-bas que je veux aller vivre. Là où les heures impuissantes rendent les jours moins ennuyeux et la vie plus douce, plus profonde et réfléchie. Où l’horloge et son incessant tic-tac ne sont pas oppressants. Dans cet endroit protégé de la turbulence du monde, de la folie du temps qui nous rappelle chaque jour qu’il sera bientôt trop tard, du temps qui vient et qui repart sans nous laisser le temps de le retenir.

Tu connais cette curieuse sensation qui s’empare de nous durant les froides soirées d’hiver ? Cette angoisse du temps et cette envie du pays dont on rêve mais que l’on ignore ? Je connais un endroit reculé où tout est beau, simple, tranquille et honnête, où le bonheur a trouvé son refuge, où la vie est douce à respirer, simple et agréable. C’est là que je veux aller vivre, c’est là que je veux aller mourir.

Oui, c’est là qu’il faut aller exister, songer et combattre le temps par l’infini de nos désirs sans cesse renouvelés dans cet endroit rêvé.

Dans une bibliothèque en bois vernis, dorment des livres de cuir et d’or, épais et colorés, à jamais marqués par l’âme des hommes qui les écrivirent, et contenant plus de vies et de rêves que l’univers n’en contiendra jamais. Des tableaux représentants les merveilles du monde colorent la maison de la salle à manger au salon, protégés dans la lumière tamisée que laissent passer les grandes fenêtres et reflètent les murs rouges. Les meubles sont beaux, simples, vivants et contiennent mille secrets qu’ils ne dévoileront jamais, tels les âmes des confesseurs du monde entier. Les miroirs, grands et profonds, les quelques objets précieux, donnent à la maison son air mystérieux. Et de toutes ces choses, et de tous ces meubles secrets, de tous ces objets, sort un parfum extraordinaire et enivrant, comme un merveilleux sortilège, comme une voix chuchotant à qui entre de ne jamais repartir.

Dans ce lieu magique je récrirai l’histoire, je réinventerai le monde et le ferai plus beau et plus vrai encore. Oui, c’est dans ce théâtre singulier qu’a inventé mon esprit que je viendrai écrire les plus belles histoires, les plus beaux personnages. C’est ici que je rêverai durant des heures, allongé sur l’herbe au bord de la rivière et écoutant le doux clapotis de l’eau.

Quel endroit plus beau que celui où le rêve ne connaît pas de limites ? Que celui où l’on peut vivre, songer et aimer à loisir ?

Certains ont cherché et cherchent encore un paradis terrestre ou la violence et le mal n’existent pas, un quelque part dissimulé et introuvable ou les hommes s’aiment et se traitent en frère. Moi j’ai trouvé mon paradis, caché dans mon imagination et qui n’appartient qu’à moi, un endroit forgé par mes idées. Un pays ancré entre la réalité et l’imaginaire. Mon idéal.

Mais qu’importe que ce soit la réalité ou l’onirique, tant que je peux m’y réfugier lorsque le monde et les hommes me blessent et me font penser que le bonheur se trouve ailleurs ?

Feb 20